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de gardien de musée :
non-transexuels s'abstenir
Les Bolonais n'en croient pas leurs yeux : une vingtaine
de transexuels au pied des Deux Tours, prenant des notes, l'oeil rivé
sur les monuments. Ils suivent un cours de formation professionnelle financé
par le fonds social européen qui leur permettra d'obtenir un diplôme
de gardien du patrimoine culturel, artistique ou naturel : en tout, 350
heures de cours et de visites et autant d'heures de stages dans des organismes
à vocation culturelle et de préservation de l'environnement.
Une expérience unique en Italie et sans doute en Europe. Cette
initiative a pu voir le jour grâce au MIT
(Mouvement identité des transexuels), présidé par
la conseillère municipale Marcella Di Folco (écologiste),
à une municipalité qui fait preuve d'une vision positive
des différences et au très actif bureau de défense
des droits des citoyens de la confédération syndicale CGIL
à Bologne. "Ce programme présente de nombreux points
positifs", assure Vincenzo Castelli, qui dirige la sécurité
urbaine de la municipalité de Bologne.
"Cette fois, nous avons voulu mettre l'accent sur l'intérêt
pour la beauté : en l'an 2000, Bologne sera une des capitales européennes
de la culture." Le cours, organisé par Valeria Taccareli,
membre du MIT, fait partie d'une ensemble de huit formations destinées
à des femmes en difficulté d'insertion professionnelle.
"Le ministère du Travail, pensant qu'elles avaient été
opérées et qu'elles étaient donc des femmes pour
l'état civil, n'y voyait aucun obstacle", raconte Popora Marcasciano,
sociologue qui milite aussi au MIT et qui a proposé le cours.
Mais, au moment de présenter les candidatures, seize personnes
ont été évincées, seules quatre ayant un nom
féminin. Pour surmonter l'obstacle, Lala Golfarelli, chargée
de la politique sociale de la commune, s'est adressée directement
à la directrice du fonds social européen qui a estimé
que le projet de Bologne était légitime. "Le groupe
est hétérogène : il y a des transexuels qui se prostituent,
d'autres qui ont renoncé aux vêtements féminins mais
qui n'ont pas encore trouvé d'emploi, il y a une lesbienne et une
femme qui est en train de devenir homme. C'est d'ailleurs la plus intéressée
par le cours", explique Massimo Rossetti, qui, après s'être
prostitué quelques années, cherche maintenant un emploi.
"Ces gens ont des difficultés dans la vie de tous les jours
et placent beaucoup d'espoir dans ce projet", rappelle Popora Marcasciano.
"Nous craignions de ne pouvoir rassembler les huit candidatures nécessaires
pour mettre en oeuvre le projet, mais le succès a été
tel que trois autres personnes se sont jointes au groupe comme auditrices
libres, sachant qu'elles n'auraient pas de qualification. Cela fut une
très belle expérience pour cette partie de la population
qui est persuadée qu'elle ne pourra être pleinement admise
dans la société et qui prend conscience de ses capacités."
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